“L’auteur réussit à extirper le poète haïtien Etzer Vilaire des querelles entre régionalistes et universalistes qui sévissaient au tournant du XIXe et XXe siècle pour montrer la grande variété de son œuvre à travers sa poésie et sa prose. Il éclaire son choix du français comme langue poétique, examine la nouveauté de sa pensée par rapport aux contemporains, mesure l’ampleur de son apport en termes d’engagement politique, de résistance et de réflexions humanistes. Il défend même son dernier refuge métaphysique quand Vilaire s’en remet à la théologie pour terminer sa quête du sens. Guerrier déconstruit minutieusement la réception de ce poète et réévalue son insertion dans l’histoire littéraire haïtienne. Voilà un écrivain opposé au racisme, à l’esclavagisme, au colonialisme, qui savait prendre le pouls de son temps et en dépasser les bornes. Ne serait-ce que pour cela, il mérite une attention renouvelée.”—Gaëtan Brulotte, Chaire des Sciences humaines, Université de Louisiane à Lafayette